Jésus-Dieu JESUS-Dieu

JESUS-Dieu | Temple de Jésus | Jésus Epoux | Imiter Jésus-Christ | Psycho-spiritualité | Thérèse de Jésus

Amour de Jésus
De la vrai spiritualité
Saint Grégoire Nysse


Sainte Thérèse de Jésus
Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI
Demeures VII

De la manière dont l’âme s’unit à Jésus Christ dans l’oraison.
A quoi on reconnaîtra que ce n’est pas un leurre

CINQUIEMES DEMEURES - Chapitre 1

Comment vous dire les trésors et les richesses, les délices qui se trouvent dans les cinquièmes Demeures ! L’entendement ne saurait les comprendre, ni les comparaisons servir à expliquer ; car les choses terrestres sont trop basses pour nous y aider. Envoyez Seigneur Jésus Christ la Lumière du ciel, puisque vous permettez à certaines d’entre les âmes de jouir ordinairement de ces délices afin qu’elles ne soient pas induite ne erreur au cas où le démon se transfigurerait en ange de lumière : elles n’ont d’autres désirs que celui de vous contenter.

J’ai parlé de certaines d’entre elles mais rares sont celles qui n’entrent pas dans cette Demeure dont je vais m’occuper ; il y a le plus et le moins, c’est pourquoi je dis que la plupart y entrent.
Je crois bien que certaines des choses qu’on trouve dans cette Demeure ne sont données qu’à un petit nombre, mais ne feraient-elles qu’arriver à la porte, c’est déjà une fort grande miséricorde, car si les appelés sont nombreux, rares sont les élus.
Bien que nous portions toutes le saint habit du Carmel et que nous soyons appelées à l’oraison et à la contemplations, rares sont celles d’entre nous qui se disposent à mériter la perle précieuse dont nous parlons. Extérieurement tout se prête à ce que nous obtenions ce dont nous avons besoin, quant aux vertus pour y atteindre, il nous en faut beaucoup, beaucoup, et ne jamais rien négliger, ni peu, ni prou. Donc, si nous pouvons jouir du ciel et de la terre, prions Jésus Christ pour que nous n’y manquions point par notre faute, et qu’il nous montre le chemin et nous donne la force d’âme, jusqu’à ce que nous découvrions ce trésor caché, puisqu’il est vrai qu’il est en nous : c’est ce que je voudrais vous faire comprendre, si Jésus veut bien que j’en sois capable.

J’ai dit « la force de l’âme » pour que vous compreniez que celle du corps n’est pas nécessaire. Lorsque Jésus Christ Notre Seigneur ne nous la donne point, il ne met personne dans l’impossibilité de ne pas acheter ses richesses ; si chacun donne ce qu’il a Il s’en contente.
En ce qui vous occupe, il n’entend pas que vous vous réserviez quoi que ce soit , Il veut tout pour lui, et les faveurs seront plus ou moins grandes à ce que vous constaterez avoir donné. Il n'est meilleure manière de nous prouver si oui ou non, notre oraison atteint l’union.
Ne croyez pas que ce soit choses rêvées comme dans la Demeure précédente ; je dis rêvée parce que l’âme se sent comme assoupie, sans toutefois paraître endormie, ni se sentir éveillée. Ici bien que toutes nos puissances soient endormies aux choses du monde et à nous-mêmes (car en fait on se trouve comme privée de sens pendant le peu de temps que dure cette union, dans l’incapacité de penser, quand même on le voudrait), ici, donc, il n’est pas nécessaire d’user d’artifices pour suspendre la pensée.

Si elle aime, elle ne sait comment, ni qui elle aime ; elle est comme toute entière morte au monde pour vivre en Christ Jésus. Et c’est une mort savoureuse, l’âme s’arrache à toutes les opérations qu’elle peut avoir, tout en restant dans le corps ; délectable, car l’âme semble vraiment se séparer du corps pour mieux se trouver en Jésus Christ, de telle sorte que je ne sais même pas s’il lui reste assez de vie pour respirer. Du moins si l’on respire l’on ne s’en rend pas compte.

L’entendement voudrait s’employer tout entier à comprendre quelque chose de ce qu’éprouve l’âme, et comme ses forces n’y suffisent point, il reste ébahi de telle façon que s’il n’est pas complètement annulé, il ne bouge ni pied, ni main, comme on le dit d’une personne évanouie si profondément qu’elle nous paraît morte. Ô secrets de Dieu ! Jamais je me lasserais de chercher à vous les faire comprendre, si je pensais avoir quelque chance d’y réussir ; je dirai donc mille folies dans l’espoir de tomber juste une fois ou l’autre, afin que nous louions vivement Jésus Christ.

J’ai dit que ce n’était pas une chose rêvée car dans la Demeure dont j’ai parlé, tant qu’on n’a pas une grande expérience, l’âme reste dans le doute sur ce qui s’est passé : s’est-elle illusionnée, était-elle endormie, était-ce un don de Jésus-Christ ou le démon, s’est-il transfiguré en ange de lumière ! Elle a mille soupçons, et il est bon qu’il en soit ainsi ; car, comme je l’ai dit, notre nature elle-même peut parfois nous tromper dans cette Demeure ; les bêtes vénimeuses n’y ont pas aussi facilement accès que dans les précédentes, sauf, toutefois, de petits lézards, si subtils qu’ils se fourrent partout, et bien qu’ils ne fassent point de mal, en particulier si, comme je l’ai dit, on n’en fait aucun cas, ce sont de petites pensées nées de l’imagination et d’autres causes déjà indiquées, qui, souvent, importunent. Ici, dans cette Demeure, si subtils que soient les lézards, il ne peuvent entrer ; car il n’est imagination, ni mémoire, ni entendement qui puissent s’opposer à notre bonheur. Et j’ose affirmer que c’est vraiment une union avec Jésus Christ, le démon ne pourra entrer, ni faire aucun mal ; car Sa Majesté est si étroitement unie à l’essence de l’âme qu’il n’ose approcher, et qu’il ne doit même pas connaître ce secret.

O bonheur d’un état où ce maudit ne nous fait pas de mal ! C’est ainsi que l’âme obtient de précieux avantages, Jésus Christ agit en elle sans que nul n’y fasse obstacle, pas même nous. Que ne donnera donc pas celui qui aime tant à donner, lorsqu’il peut donner tout ce qu’il veut.

1 | 2