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Amour de Jésus
De la vrai spiritualité
Saint Grégoire Nysse


Sainte Thérèse de Jésus
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TROISIEMES DEMEURES - Chapitre 1

Il sied d’avoir crainte dans cet exil où nous vivons et n’y sommes guère en sécurité même si nous y avons atteint un degré élevé.

Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur (Psaumes CXI, 1) que dire d’autres à ceux qui, qui par leur courage et leur persévérance ont remporté la victoire et sont entrés dans les Troisièmes Demeures. Cette victoire sur les batailles précédentes permet au Seigneur de nous donner la sécurité de conscience ce qui n’est pas un mince avantage. Pourvu que l’âme ne s’écarte pas à nouveau du chemin dans lequel elle s’est engagée.

La misère de cette vie est de rester toujours vigilant à ce qu’il n’y ait point de brèches dans cette forteresse et d’être aux aguets. Nous ne pouvons désirer une vie si misérable et comme l’a dit Saint Thomas " mourons avec Vous " car sans Vous, en redoutant de vous perdre, c’est mourir plusieurs fois. C’est pourquoi la Béatitude que nous devons demander, c’est d’être en sécurité dès maintenant, avec les bienheureux. Considérez que certains saints qui savaient ce bonheur à un bien haut degré sont gravement tombés dans le péché.

Demandez à Sa Majesté de vivre en moi, sinon, comment se sentir en sécurité dans une vie aussi mal employée que la mienne ? Il me fut bien dur d’obéir !
Demandez à Dieu qu’il me pardonne à une telle effrontée ! Mais Jésus Christ sait bien que je puis me flatter de sa miséricorde puisque je ne puis nier ce que j’ai été et je n’ai d’autres remèdes que de m’en remettre à Elle, la Sainte Vierge.

Ne prévalez pas de la clôture et de la pénitence où vous vivez : des exercices d’oraison, de l’éloignement du monde : tout cela est bon mais ne suffit pas à nous délivrer de toute crainte.

Les âmes qui sont entrées dans les troisièmes Demeures sont nombreuses en ce monde : vivement désireuses de ne pas offenser Dieu, elles se gardent même des péchés véniels et sont amies de la pénitence, elles réservent des heures de recueillement, emploient bien leur temps, s’appliquent aux oeuvres de charité envers le prochain, un ordre harmonieux règne dans leur langage, leurs vêtements et dans le gouvernement de leur maison si elles en ont. Il n’y a semble-t-il aucune raison que Jésus Christ leur refuse l’entrée de la dernière Demeure. C’est une très belle disposition pour obtenir de Lui toute grâce.

O Jésus ! Lequel d’entre nous prétendrait ne pas vouloir un si grand bien surtout après être passée par ce qu’il y a de plus ardu ? Non, personne.
Il y a des épreuves intérieures que bien des bonnes âmes subissent, épreuves intolérables, que bien des bonnes âmes subissent sans être moindrement coupables et dont le Christ les délivre toujours avec de grands bénéfices, ni de celles qui souffrent de mélancolie, ou d’autres maladies. En toute chose nous devons faire la part du jugement de Dieu.
Les âmes qui souffrent de sécheresse dans l’oraison sont celles qui bien souvent s’impatientent de voir se fermer devant elle la porte qui conduit à l’appartement de notre Roi. Malgré toutes leurs bonnes œuvres il ne faut pas demander ce que l’on n’a pas mérité ; l’idée que nous, qui avons offensé Jésus Christ, puissions mériter ce qu’il accorde aux saints, ne devrait même pas nous effleurer à la pensée.

O humilité, humilité ! Celles qui font un tel cas des sécheresses manquent je pense d’u peu d’humilité. Les grandes épreuves intérieures dont j’ai parlé sont beaucoup plus pénibles qu’un manque de ferveur.
Voyons ces âmes si bien disposées ; voyons ce qu’elles font pour Jésus Christ et nous verrons que nous n’avons nulle raison de nous plaindre de sa Majesté. Si Elle nous dit que faire pour être parfait et que nous nous en retournons, que voulez-vous que fasse Sa Majesté qui doit mesurer sa récompense à l’amour que nous lui portons ? Et cet amour ne doit pas être fabriqué par notre imagination, mais prouvé par des oeuvres : Jésus Christ n’a pas besoin de nos œuvres mais de la décision de notre volonté.

Nous qui avons pris l’habit religieux et quitté les choses du monde, nous croyons avoir déjà tout accompli. C’est une bonne disposition si nous ne retournons pas nous fourrer dans la vermine des premières Demeures, persévérons dans ce dénuement et cet abandon de tout et nous atteindrons notre but. Mis ce sera à une condition que je vous demande de bien considérer : regardez-vous comme des serviteurs inutiles, selon l’expression de Saint Paul et du Christ (Luc XVII,10) et croyez que rien n’oblige Notre Seigneur Jésus Christ à vous faire de telles faveurs : votre dette est d’autant plus forte que vous avez plus reçu.
Que pouvons-nous faire pour un Dieu si généreux, qui est mort pour nous, qui nous a créés et qui nous donne l’être ? Ne pouvons-nous nous estimer très heureuses sans lui demander de nouvelles faveurs et de nouveaux régals ?

Tout ce que je vous écris, Jésus Christ vous aidera à le comprendre. Dans les sécheresses puisez dans l’humilité et non de l’inquiétude comme le voudrait le démon : croyez qu’à celles qui sont vraiment humbles, même s’Il ne leur accorde point ses délices, Jésus Christ donnera une paix et une acceptation qui les rendront plus heureuses que certains de ceux qu’Il régale. Car souvent, Sa Divine Majesté réserve ses douceurs aux plus faibles ; je crois toutefois qu’ils ne les échangeraient pas pour la force de ceux qui vivent dans la sécheresse.
Eprouves-nous Seigneur Jésus, Toi qui sait la vérité, afin que nous nous connaissions.

Chapitre deuxième