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Amour de Jésus
De la vrai spiritualité
Saint Grégoire Nysse


Sainte Thérèse de Jésus
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SIXIEMES DEMEURES - Chapitre 1

De l'accroissement des épreuves, lorsque Dieu commence à accroître ses faveurs.
De ces épreuves, et comment ceux qui ont atteint cette Demeure les supportent.
Bon chapitre pour ceux qui subissent des épreuves intérieures.

Venons-en donc, avec la faveur de l'Esprit Saint, à parler des Sixièmes Demeures, où l'âme, déjà blessée de l'amour de l'Epoux, recherche davantage la solitude, et, autant que son état le lui permet, évite tout ce qui peut l'en sortir.

L'entrevue avec son Epoux est si présente à son âme que son unique désir est d'en jouir à nouveau.

J'ai déjà dit que sous cette forme d'oraison elle ne voit rien, ce qu'on peut appeler voir, pas même en imagination : je parle d'entrevue parce que je me suis déjà servie de cette comparaison. L'âme est désormais bien décidée à ne pas prendre d'autres époux, mais l'Epoux ne tient pas compte de son vif désir de célébrer immédiatement les fiançailles, il veut qu'elle le désire encore plus vivement et que le plus grand des biens lui coûte un peu de son bien. Elle paie ainsi d'un prix insignifiant un gain immense, mais l'avant-goût qu'elle en a, le signe qu'elle a reçu, lui sont bien nécessaires pour la soutenir. O Dieu secourable ! Que d'épreuves intérieures et extérieures elle endure, jusqu'à ce qu'elle pénètre dans la septième Demeure !

Vraiment je songe parfois que si on les connaissait d'avance, il serait, je le crains, extrêmement difficile de persuader notre faiblesse naturelle de les souffrir et de les vivre, si grands soient les biens qui lui sont proposés, à l'exception des âmes qui ont atteint la septième Demeure ; car là, il n'est rien que l'âme redoute et ne décide d'affronter, de tout son être, pour Jésus-Christ. Elle est presque toujours si étroitement unie à Sa Majesté, que sa force vient de là. Je crois que je ferai bien de vous décrire quelques-unes des épreuves que je suis certaine de connaître. Il se peut que toutes les âmes ne soient pas conduites par ce chemin, je doute toutefois beaucoup que celles qui jouissent parfois bien réellement des choses du ciel soient quittes d'épreuves terrestres d'une manière ou d'une autre.

J'ai pensé qu'il serait une consolation pour l'âme qui les subit de savoir ce qu'il advient de celles à qui Jésus-Christ accorde de semblables faveurs, car, vraiment, alors, tout paraît perdu. Je ne les exposerai pas dans l'ordre. Je veux commencer par les plus petites épreuves, les criailleries des personnes de ses relations, et même de celles avec lesquelles elle n'a point de rapports, dont jamais elle n'aurait imaginé qu'elle pourraient s'occuper d'elle : "Elle fait la sainte" ou autres remarques qu'on lui fait. Ceux qu'elle croyait ses amis s'éloignent, ce sont eux qui ne font d'elle qu'une bouchée, et montrent de vifs regrets :"cette âme se perd, elle vit notoirement dans l'illusion" ; "ce sont là choses du démon" ; "elle trompe le monde". Elle subit mille moqueries et sarcasmes.

Vous me direz qu'il y a aussi des gens qui disent du bien d'elle. Oh ! qu'ils sont rares, ceux qui ajoutent foi à ce bien, comparé à ceux qui les abominent ! D'autant plus que cette épreuve-là est pire que les moqueries ! L'âme voit clairement que si elle possède quelques biens, c'est un don de Dieu, il ne lui apparatiennent nullement.

Elle continue à louer Jésus-Christ. Ces épreuves vont fortifier l'âme bien plus qu'elles ne l'effraient. Elle sait déjà les grands avantages qu'elle trouve sur cette voie, elle ne corit même pas que ceux qui la persécutent offensent Dieu : Sa Majesté les y autorise pour son plus grand bien ; comme est en est clairement persuadée, elle s'éprend pour eux de compassion car il lui font gagner plus que ceux qui disent du bien d'elle.

Dieu envoie aussi parfois de très graves maladies. C'est là une épreuve bien pire, en particulier lorsqu'elle s'accompagnent de souffrances aigues ; si les douleurs sont vives, c'est me semble-t-il, ce que nous pouvons endurer de pire sur terre ; je précise qu'il s'agit de douleurs extérieures, mais elles pénètrent à l'intérieur quand elles le veulent, je dis bien les douleurs très vives. Cela opprime l'extérieur comme l'intérieur de telle façon que l'âme oppressée ne sait que devenir, elle préférerait de beaucoup un prompt martyr à ces souffrances-là. Elles ne se prolongent pas trop longtemps, car, enfin, Dieu ne nous donne rien que nous ne puissions supporter, Sa Majesté commence par nous donner la patience, avec d'ordinaire d'autres grandes douleurs, et toutes sortes de maladies. Des épreuves intérieures