suivre Jésus JESUS-Dieu - Des obstacles à la vrai spiritualité

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De l'humanité de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Maître Eckhart

Amour de Jésus
Jésus Epoux
Obstacles à la spiritualité
Saint Grégoire Nysse

Tu remarqueras bien à ce propos qu'il faut aussi que toute multiplicité en soit séparée : même l'humanité de Notre-Seigneur Jésus Christ en tant que quelque chose de particulièrement présent; comme Jésus l'a dit lui-même à ses disciples : "Il vous est bon que je vous quitte, car si je ne vous quitte pas, "le consolateur", l'Esprit saint ne peut venir à vous, l'esprit de vérité que mon Père vous enverra en mon nom !" Mais ici certaines "bonnes" personnes, spirituelles, s'empêchent de progresser vers la vraie perfection en s'attachant avec l'ardeur de leur esprit à l'image de l'humanité de Jésus-Christ : par quoi elles ne font pourtant que s'égarer dans des visions car elle voient, dans leur esprit, ne serait-ce qu'en image, des choses, que ce soient des hommes, ou des anges, ou l'humanité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et elles croient aux paroles qu'elles entendent alors dans leur esprit - quand elles entendent : qu'elles sont les bien-aimées de Jésus Christ, ou au sujet des infirmités ou des vertus de leur cher prochain, ou que Dieu veut faire quelque chose pour l'amour d'elles. Alors elles sont joliment abusées : jamais, au grand jamais, Dieu ne fait quelque chose pour l'amour d'une créature, mais uniquement par pure bonté. D'ailleurs toutes les prières de la chrétienté ne prennent-elles pas soin de conclure : Seigneur, fais cela pour l'amour de ton Fils unique Jésus-Christ ! Il a dit lui-même à ses disciples : Il vous est bon que je vous quitte ! Il ne voulait pas dire seulement les disciples au sens étroit, mais tous ceux qui devaient par la suite devenir ses disciples et veulent le suivre vers la plus haute perfection : son humanité est pour eux un empêchement dans la mesure où ils s'y attachent avec délice ! Car ils doivent suivre Dieu sur toutes ses voies. C'est pourquoi ils ne peuvent rester sur le chemin de son humanité, qui nous renvoie lui-même sur le chemin de la divinité, quand il dit : Je suis la voie, la vérité et la vie, personne ne vient au Père que par moi. Et qui veut entrer par une autre voie est un voleur et un assassin et il mérite la mort éternelle !" Ces paroles s'adressent à tous ceux qui ont la prétention de pouvoir faire quelque chose de bon par eux-mêmes, ou même que Dieu veuille faire quelque chose pour l'amour d'eux. Là pourtant où un Christ a dit de lui qu'il n'était pas de lui-même, et où la sagesse éternelle dit d'elle-même : "Celui qui m'a créée il repose dans ma petite chambre." Elle, qui est pourtant en même temps incréée. Car Dieu est la sagesse, non née; notre parole au contraire la comprend comme née ? Seul le Fils est sorti sur le chemin de la naissance (la naissance est décrite ici comme une "création"). De cette manière la sagesse éternelle est née, en tant que Fils, de la puissance du Père; l'amour ou la bonté des deux est le Saint-Esprit; et les trois sont un dans la nature divine et distincts seulement en tant que Personnes. Mais quelle est la "petite chambre" dont parle la sagesse ? L'humanité de Jésus-Christ, où le Père s'est reposé avec le Fils, lesquels de condition égale l'un à l'autre par nature, ne sont Dieu qu'en tant que Personnes, et sont la divinité dans la nature divine. C'est cette petite chambre - l'humain en lui - que nous devons uniquement prier pour l'unification avec la divinité. Car l'homme est vraiment Dieu et Dieu vraiment homme.

Nous ne devons donc pas nous préoccuper du créé dans son ensemble, excepté de Jésus-Christ, qui est seul notre sauveur et notre auxiliaire et la voie vers son Père céleste. Mais bien que nous prenions congé par là de tout le monde fini et nous engagions sur le voie de la vérité, nous ne sommes cependant pas pleinement bienheureux, même si nous contemplons la vérité divine. Aussi longtemps que nous nous en tenons à la contemplation nous ne sommes pas encore en ce que nous contemplons, aussi longtemps qu'un quelque chose est l'objet de notre attention nous ne sommes pas Un dans l'Un. Car là où il n'y a rien qu'une chose, on ne voit rien ! D'où il suit qu'on ne peut voir Dieu qu'en étant aveugle, le connaître qu'en étant ignorant et ne le comprendre qu'en étant déraisonnable. Saint Augustin dit à ce sujet : " Aucune âme ne peut venir à Dieu à moins qu'elle n'aille à lui sans les créatures et ne le cherche sans figures. " C'est ce que nous signifie Jésus Christ lui-même par la parole : "Retire d'abord la poutre que tu as dans ton oeil et essuie ensuite la poussière qui est dans celui d'un autre !" De cela il y a lieu d'inférer que tout ce qui est créé est comparable à une poutre dans l'oeil de l'âme : cela empêche par sa finitude l'union avec Dieu. Or, comme l'âme elle aussi est quelque chose de créé il faut qu'elle se jette hors d'elle-même, et qu'elle y jette aussi tous les saints, y compris Notre-Dame bien-aimée, car ils ne sont tous que des créatures. Elle doit subsister nue et, sans avoir besoin d'aucune chose, être essentiellement. Ainsi elle peut venir à Dieu comme semblable à lui, qui est nu et sans besoins et libre de la matière.