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De la vrai spiritualité
Saint Grégoire Nysse


Sainte Thérèse de Jésus
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QUATRIEMES DEMEURES - Chapitre 1

Différences entre contentements et tendresses de l’oraison
Et les plaisirs qu’on y trouve
En quoi la pensée diffère de l’entendement
Choses utiles à ceux qui sont distraits dans l’oraison

Pour parler de ces quatrièmes Demeures, je me recommande au Saint-Esprit afin qu’il écrive à ma place car nous commençons à entrer dans les choses surnaturelles. Il me semble avoir plus de lumières sur les faveurs que Jésus Christ accorde à quelques âmes, mais il est difficile de savoir en parler ; plaise à Sa Majesté de le faire s’il doit s’ensuivre un grand bien, et sinon, non.

Ces Demeures sont déjà plus proches de celle qu’habite le Roi, elles sont d’une grande beauté, on y voit et on y entend des choses si délicates que l’intelligence est incapable d’en donner une idée si juste qu’elle ne soit encore bien obscure pour ceux qui n’en ont pas l’expérience, ceux-là comprendront très bien, spécialement ceux dont l’expérience est très grande. On croira que pour atteindre ces Demeures, il faut avoir vécu très longtemps dans les autres, il n’y a pas de règle absolue : ces biens qui appartiennent au Seigneur Jésus Christ, Il les donne quand il veut et comme il veut, à qui il veut sans faire tort à personne.

Il est rare que les bêtes vénimeuses pénètrent dans ces Demeures, et si elles y entrent, elles ne font pas de mal, l’âme y gagne plutôt. Il n’y a point de tentation et donc, le démon ne peut nous leurrer et se servir des plaisirs que Dieu accorde. Le moins qu’il puisse faire est d’écarter cette âme de tout ce qui peut lui acquérir des mérites, et la laisser dans un ravissement continuel. Or, quand il est continuel, je ne crois pas qu’il soit sûr, il me semble impossible que l’esprit de Jésus soit toujours en nous durant cet exil.

Le contentement est ce que nous obtenons nous-même par la méditation et nos prières à Notre-Seigneur Jésus Christ, cela procède de notre nature, avec tout de même, l'aide de Jésus Christ car sans Lui nous ne pourrions rien. Le contentement procède de l’acte vertueux même que nous accomplissons. Le même contentement peut nous advenir sur terre par d’autres choses : voir soudain une personne que nous aimons beaucoup, réussir une affaire importante, une grande fortune qui nous échoit soudain. J’ai vu de grands contentements faire verser des larmes, cela m’est arrivé quelquefois. Ces contentements sont naturels et il me semble qu’il en est de même de ceux que nous inspirent les choses de Dieu ; ils sont seulement de plus noble lignée, sans toutefois que les autres soient moins mauvais. Ils partent de notre nature elle-même et s’achève en Jésus Christ.

Les contentements dont j’ai parlé ne dilatent pas le coeur, ils semblent même à l’ordinaire le serrer un peu, bien qu’il soit tout content de voir ce qui se fait pour Jésus Christ ; mais des larmes angoissées jaillissent, qui semblent en quelque sorte causées par la passion. Je ne sais pas grand chose de ces passions de l’âme, ma gaucherie est grande, sinon je me ferais peut-être comprendre, je montrerais ce qui procède de la sensualité et de notre nature ; je saurais m’expliquer, moi qui suis passée par là, si je comprenais. A toutes fins, le savoir et l’instruction de grandes choses.

Je dis ce que je sais par expérience de cet état, de ces régals et contentements dans la méditation ; car si la Passion commençait à me faire pleurer, j’étais incapable de m’arrêter jusqu’à ce que j’en eusse la tête cassée ; de même, si je pleurais mes péchés. Notre Seigneur Jésus Christ me faisait ainsi une fort grande faveur, mais je ne veux examiner pour le moment ce qui vaut le mieux, voir dire quelle différence il y a entre eux. Ces larmes aboutissent à Jésus Christ. C’est hautement appréciable, si l’humilité est là pour nous faire comprendre que nous ne sommes pas meilleurs pour cela : nous ne pouvons pas comprendre si tous ces effets sont causés par l’amour, mais s’il en est ainsi, c’est un don de Dieu. La plupart des âmes dans les Demeures précédentes éprouvent cette sorte de ferveur car elles réfléchissent, méditent : elles sont en bonne voie, on ne leur a pas accordé davantage mais elles feraient bien de se consacrer à des actes, à louer Jésus Christ, à se réjouir de sa bonté, à le voir semblable à Lui-même, à souhaiter son honneur et sa gloire ; cela, de leur mieux, car c’est un excellent moyen d’éveiller la volonté. Qu’elles veillent bien, lorsque Jésus Christ leur donnera ces sentiments, à ne pas les faire taire pour achever leur méditation ordinaire.
Les plaisirs dans l'oraison